Urgence : Mobilisation collective contre les féminicides et les violences sexuelles

Depuis le début de l’année, 5 féminicides ont été tragiquement répertoriés en France, de plus, les statistiques nationales parlent de 94 féminicides en 2023, révélant un phénomène qui dépasse la simple tragédie personnelle pour devenir une crise sociale majeure. Chaque chiffre représente plus qu’une statistique ; il incarne une vie perdue, des rêves anéantis, et des familles dévastées. Cette violence ne doit pas être normalisée ni acceptée comme une fatalité. Les féminicides sont le reflet d’un système qui échoue à protéger les plus vulnérables. C’est un cri de désespoir que nous devons tous entendre et un appel à agir collectivement.

L’État joue un rôle crucial dans ce combat. L’État a la responsabilité première d’assurer la sécurité de tous ses citoyens, en particulier des femmes, souvent les plus exposées aux violences. Cela passe par l’établissement de lois robustes et durables, par l’allocation de ressources suffisantes aux services de soutien et à la création de structures d’accueil adaptées. En Espagne, un exemple à suivre, le gouvernement consacre 16 € par habitant à la lutte contre les violences de genre, tandis que la France n’y investit que 5 € par habitant. Ce budget insuffisant témoigne d’un manquement inacceptable face à l’ampleur du problème. Si nous voulons qu’un changement profond s’opère, il est essentiel que les gouvernements comprennent que la lutte contre les violences faites aux femmes doit être une priorité stratégique nationale.

D’autre part, cette prise de conscience ne peut se limiter aux actions politiques. Nous avons également tous une responsabilité collective. Chaque citoyen, chaque membre de notre société doit s’engager dans cette lutte. Que ce soit en dénonçant des comportements violents, en soutenant les victimes ou en mobilisant nos communautés autour de ce combat, nous pouvons tous faire une différence. Les chiffres de l’Union Européenne sont stupéfiants : 348 000 violences sexuelles ont été enregistrées en 2018, dont un tiers correspondaient à des viols. Ces chiffres montrent l’ampleur de la violence en Europe et nous obligent à agir.

En moyenne, une femme sur trois dans l’Union européenne a subi des violences physiques ou sexuelles. Ces statistiques qui devraient nous scandaliser, doivent être la base de notre engagement. C’est une question de dignité humaine. L’échec de la société à protéger ses membres les plus vulnérables est un échec notoire. Il est vital d’élever notre voix contre cette violence, de ne pas détourner le regard et de exiger des actions concrètes.

Les leçons tirées d’autres pays peuvent également éclairer notre chemin. Le modèle espagnol montre que des efforts intensifiés peuvent porter leurs fruits. Malgré les défis, près de 170 000 plaintes sont déposées chaque année pour violences de genre, prouvant qu’un espace sécurisé pour les victimes permet de mettre en lumière un problème souvent caché sous le silence et la honte. Leur système judiciaire et social intégré doit servir d’exemple à suivre. En revanche, certains pays à l’instar de la Lettonie affichent des résultats encourageants, avec une réduction de 46,7% des violences sexuelles rapportées. Cela démontre qu’une volonté politique claire peut réellement transformée la donne.

L’enjeu ici n’est pas seulement de réduire les chiffres. Il s’agit de construire une société où chaque femme se sente en sécurité, où les violences faites aux femmes soient considérées comme inacceptables et où les victimes reçoivent le soutien et la justice qui leur sont dues. Pour cela, nous devons tous nous mobiliser, ensemble. Briser le cycle de la violence nécessite d’engager un dialogue autour de cet enjeu, de sensibiliser nos enfants, nos amis, nos voisins. Ce qui nous unit dans cette lutte, c’est notre humanité commune et notre volonté de vivre dans un monde où chacun est respecté et protégé.

Ces efforts doivent passer par une mobilisation des médias, des campagnes de sensibilisation, et un encouragement à la discussion ouverte sur ce sujet. Nous devons également veiller à ce que les autorités locales et nationales répondent rapidement et efficacement aux signalements de violences, qu’elles soient physiques, psychologiques ou sexuelles.

Nous construisons notre avenir ensemble. Investissons dans l’éducation, renforçons nos lois, créons des réseaux de soutien et sensibilisons nos concitoyens. Mobilisons-nous toutes et tous, déterminés à mettre un terme à cette violence insupportable. Faisons entendre notre voix pour que chaque femme puisse vivre sans peur ni violence. C’est notre responsabilité collective, et nous devons en faire une priorité absolue. #StopFéminicides #JusticePourElles.

Djamila SCHAFTER

Vice Présidente

Fondation Anges

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91 rue du Faubourg Saint honoré
75008 Paris