La réponse est sans ambiguïté : oui, et c’est même une nécessité !
Dans une société où les inégalités de genre persistent et où les violences faites aux femmes restent un enjeu majeur, la question de l’engagement des hommes dans la lutte pour l’égalité se pose avec force.
Samedi j’ai eu l’honneur d’assister à la conférence « Femmes en lutte : dévoiler les injustices et redéfinir l’égalité globale ». Un constat s’est imposé : le rôle des hommes dans la construction d’une société plus juste est déterminant. Les interventions ont mis en lumière l’importance de leur posture, de leur engagement et de leur responsabilité active dans la lutte contre les violences et les inégalités.
Un moment fort de la conférence a été l’intervention de Marlène Schiappa, qui a rappelé avec force que « les hommes ne doivent pas seulement être des spectateurs bienveillants du combat féministe, mais des acteurs à part entière de l’égalité ». Elle a souligné l’importance d’une implication concrète des hommes dans la lutte contre les violences sexistes, que ce soit dans le cadre professionnel, familial ou sociétal.
Qu’est-ce qu’un homme féministe ?
Être un homme féministe, ce n’est pas seulement respecter sa femme, sa fille, sa mère ou sa sœur. C’est reconnaître que toutes les femmes, qu’elles fassent ou non partie de son cercle proche, méritent égalité et considération. Ce n’est pas une question de relations personnelles, mais un engagement pour une société où les droits des femmes ne sont pas conditionnés à leur lien avec un homme.
Le respect est un minimum, mais le féminisme va bien au-delà : il s’agit d’agir pour mettre fin aux inégalités, aux violences et aux discriminations systémiques dont elles sont victimes. Cela implique aussi d’interroger ses propres réactions lorsque les femmes prennent la parole, contestent une décision, expriment un avis divergent ou occupent une position de leadership. Trop souvent, une femme qui s’oppose est perçue comme agressive, une femme qui exprime un désaccord comme arrogante, et une femme qui dirige comme autoritaire, là où un homme serait simplement vu comme affirmé et compétent.
Être un homme féministe, c’est donc aussi accepter de ne pas dominer l’espace, de ne pas délégitimer ou infantiliser la parole des femmes, et de remettre en question ces réflexes inconscients qui perpétuent des rapports de force inégalitaires. Cela signifie reconnaître que l’égalité entre les femmes et les hommes n’est pas encore acquise et qu’elle demande un engagement actif. Il ne s’agit pas seulement de soutenir les combats menés par les femmes, mais aussi d’agir au quotidien pour déconstruire les stéréotypes, sans avoir peur de remettre en question les avantages systémiques masculins et d’être un modèle de respect et d’équité.
Un engagement déterminant
L’égalité entre les femmes et les hommes ne se décrète pas, elle se construit. Et pour cela, l’engagement des hommes est essentiel. Parce qu’ils occupent encore aujourd’hui la majorité des postes de pouvoir et de décision, en politique, dans les entreprises, dans la sphère médiatique, ils ont un rôle clé à jouer dans l’évolution des mentalités et des pratiques.
Être un homme féministe, ce n’est pas seulement adhérer aux principes d’égalité, c’est agir pour les faire respecter. Cela signifie remettre en question les normes sexistes ancrées dans nos sociétés, refuser la complaisance face aux discriminations et aux violences, et s’impliquer activement dans la promotion d’une véritable équité.
C’est aussi oser prendre la parole là où le silence règne trop souvent. Trop longtemps, les violences sexistes et sexuelles ont été tues, minimisées, banalisées. Briser cette omerta est un devoir collectif, et les hommes ont la responsabilité de refuser d’être complices, par leur silence ou leur inaction.
Enfin, un engagement réel implique d’œuvrer pour des politiques inclusives, que ce soit dans l’entreprise, les institutions publiques ou la société civile. Encourager la mixité dans les instances dirigeantes, lutter contre les écarts de salaire, garantir un accès équitable aux opportunités professionnelles et veiller à l’application de lois protégeant les droits des femmes sont autant d’actions qui ne peuvent être portées uniquement par celles qui en sont les premières victimes.
Le féminisme n’est pas une lutte des femmes contre les hommes, mais un combat de société pour une égalité réelle. Et dans cette bataille, les hommes ne peuvent être de simples spectateurs : ils doivent être des acteurs du changement.
Un engagement concret
Être féministe ne se limite pas à un positionnement intellectuel ou à de belles intentions. C’est un engagement quotidien, une volonté de transformer les discours en actes. L’implication des hommes se joue dans des gestes concrets, dans leur manière de réagir face aux injustices, dans leurs choix professionnels, et dans leurs interactions du quotidien.
Refuser de détourner le regard, c’est déjà un premier pas. Cela signifie intervenir lorsqu’on est témoin d’une situation de harcèlement ou de violence, refuser les blagues sexistes, soutenir activement les victimes et encourager leur prise de parole. C’est aussi écouter les femmes, reconnaître leur expertise et leur laisser de l’espace dans les discussions et les prises de décision.
Mais l’engagement ne s’arrête pas là. Il s’agit aussi de remettre en question les privilèges masculins et de rééquilibrer les responsabilités, notamment au sein du foyer. Partager équitablement la charge mentale et les tâches domestiques, s’impliquer pleinement dans l’éducation des enfants et leur inculquer les valeurs d’égalité sont autant d’actions essentielles pour briser les schémas patriarcaux.
Dans le monde du travail, les hommes peuvent jouer un rôle clé en luttant contre les inégalités salariales, en soutenant activement la promotion des femmes aux postes de responsabilité et en veillant à la mise en place de conditions de travail respectueuses et inclusives.
Enfin, être un allié féministe, c’est aussi soutenir celles et ceux qui agissent sur le terrain. Cela passe par un engagement associatif, un soutien financier aux structures de lutte contre les violences sexistes et une participation active aux débats et actions en faveur de l’égalité.
L’importance de l’éducation
L’éducation joue un rôle fondamental dans la construction d’une société égalitaire. Dès le plus jeune âge, les enfants sont exposés à des stéréotypes de genre qui influencent leurs comportements, leurs aspirations et leur vision du monde. Un véritable engagement féministe implique donc une remise en question des modèles éducatifs traditionnels, à la maison comme à l’école. Il s’agit d’enseigner aux garçons et aux filles que leurs parcours scolaires, leurs ambitions ne doivent pas être limitées par leur genre, de promouvoir des représentations équilibrées dans les médias et les manuels scolaires, et d’encourager un partage équitable des responsabilités domestiques et parentales. L’éducation au respect et à l’égalité ne doit pas être perçue comme une contrainte, mais comme un levier puissant pour construire une société où chacun et chacune peut s’épanouir librement, sans subir les carcans d’un système patriarcal encore trop présent.
Un combat collectif
« La persévérance est cruciale dans notre quête de justice » a conclu Nicolas Penin, Grand Maître du Grand Orient de France.
L’égalité femmes-hommes ne sera atteinte que si l’ensemble de la société s’engage. Les hommes ont un rôle essentiel à jouer pour bâtir un monde plus juste, où chaque individu est respecté, protégé et valorisé, quels que soient son genre et son parcours.
Au sein de la Fondation Anges, nous croyons fermement que les hommes ont leur place dans ce combat, en tant qu’alliés, acteurs du changement et modèles pour les générations futures.
Rejoignez-nous pour construire une société d’égalité et de respect.
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